Jeudi 28 septembre. De La Romieu à Condom (15 km).

Il commence à avoir un peu plus de monde sur le chemin. Sympa de pouvoir papoter. Comme m’y invite une inscription sur un panneau posé au bord de la route, j’essaie de ne pas marcher trop vite et de ne pas être dans la performance (n’est ce pas mes amis (ies) coach ?…) parce que l’étape est courte et que j’ai tout mon temps.

Sur un panneau, une invitation qui tombe à pic…

Tout mon temps aussi pour lire des messages moins sympathiques…

« …on vous pète la coquille »…

Apres 2 heures de marche, j’entre dans le canton d’Armagnac Ténarèze que traverse le Camino via Condom, Larressingle et Montreal du Gers, 2 villages que je visiterai demain. Hé, hé, ça commence à sentir bon l’Armagnac (la plus ancienne eau de vie de France) et le foie gras, 2 produits locaux d’excellence.

Arrivée en fin de matinée à Condom que le « Miam Miam Dodo décrit ainsi: « En dehors de son nom, qui fait plier de rire les pèlerins anglo-saxons adorateurs du caoutchouc, la ville va vous offrir de somptueux cadeaux: le centre historique restauré avec goût, les belles maisons de pierre blonde, la Baïse qui serpente au cœur de ville et la cathédrale qui veille sur les toits de tuile rouge ».

Condom, « Ici commence le vrai voyage », précise le panneau. Et avant, c’était quoi ?

Arrivée sur Condom

 

La cathédrale Saint Pierre

La cathédrale Saint Pierre bâtie dans les années 1500

 

« Un pour tous,… »

En fin d’après midi, halte au gîte de l’ancien Carmel de Condom que son site web (http://www.lanciencarmel.com/) décrit comme un « Lieu de vie et d’accueil, durable et innovant, fondé sur la solidarité.

C’est un livre intitulé « Chronique d’un lieu en partage », écrit par la romancière Pascale Kramer et publié en février dernier (Éditions de l’Atelier) qui en parle le mieux . En voici la quatrième de couverture :
« Des personnes sorties de prison, d’autres en errance, des artistes, des retraités, des woofers, des sans-domicile fixe, des pèlerins en escale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, tous réunis sous le même toit !
Comment croire à ce rêve ? Que faire des inévitables conflits, des soucis du quotidien, de la méfiance des riverains ?
Pascale Kramer raconte une utopie qui prend corps dans un lieu unique, l’ancien carmel de Condom. Au milieu des écueils, des crises et des joies, des retraités donnent sens à leur vieillesse, des personnes au RSA s’occupent d’un potager, d’autres qui ont dormi dans la rue peuvent enfin profiter d’une chambre à eux… Tous mangent ensemble, rencontrent des gens du monde entier. Chronique d’un lieu unique qui rend le partage contagieux ».

Et tous participent à un quotidien riche de sens : agriculture raisonnée, cuisine, embellissement des bâtiments et du site.

Bien beau tout ça, mais quand est ce que l’on mange ? J’ai quand marché 15 bornes sous un soleil de plomb !

Un peu spartiate, la chambre mais beau cadre. Table d’hôte conviviale servie par des bénévoles et animées par 2 québécoises qui nous racontent leur chemin. J’adore les habitants du Québec, avec leur double culture américaine et française: pragmatiques, sans complexe, entrepreneurs, ne se prenant pas la tête, énormément d’humour et une communication efficace qui fait mouche. Quand j’étais consultant au Maroc, je les ai souvent croisés, ils excellent dans l’animation de modules de formation. Les Belges leur ressemblent beaucoup. Il y a beaucoup de québécois qui parcourent le Camino.

Si mon dos résiste, suite à mon opération d’une hernie discale de fin juillet, je rallongerai progressivement les parcours journaliers. En attendant, soleil et chaleur. De la pluie pour samedi ? Pour moi, ce serait une première sur ce chemin.

Demain Montréal…du Gers. L’autre Montréal, ça sera pour un de mes prochains voyages.