Vendredi 29 septembre. De Condom à Montréal du Gers (23 km).

Il fait toujours aussi beau, l’humidité du Nord commence à me manquer. Non, je déconne !

Un détour, hors Camino, qui vaut le coup: Larressingle, « la petite Carcassonne ». Un village-château-fort, classé comme « un des plus beaux villages de France », resté presque intacte: 300 m de murailles, des fossés, un donjon, tout est là !

« Larressingle, vous avez rendez vous avec histoire… » Rien que ça ! En tous cas, me voilà prévenu !

Larressingle

Larressingle

 

Larressingle

 

Larressingle

Larressingle

Larressingle

 

Larressingle

En poursuivant le chemin après Larressingle, le pont d’Artigues, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le pont d’Artigues

Après le pont d’Artigues, j’aperçois Claudie qui zigzague sur le chemin à cause de son énorme sac à dos qui manque de la déséquilibrer à chaque pas.  Mais rien ne semble l’arrêter, elle chante tout le temps pour se donner du courage. Moi, avec ma valise que je fais transporter d’étape en étape, je me dis que je passe peut être un peu pour un « touriste » à coté d’elle. Qu’importe, je les fais quand même les kilomètres ! Et lors de mes précédents périples, je n’ai jamais eu de railleries, de « mises en boites », de remarques ou de petits sourires désobligeants à ce sujet. Sur le Camino, la tolérance et la bienveillance sont de rigueur, nous sommes dans un autre monde.

Montréal du Gers, la première bastide gasconne (ville médiévale fortifiée), village lui aussi labellisé « plus beaux villages de France », affiche l’âge respectable de 700 ans.  ( https://www.montrealdugers.fr/ ).

Lorsque j’arrive au gîte « Compostela », je suis accueilli par Gérard, un hospitalier que le « Miam Miam Dodo » définit ainsi: « Vous rencontrerez assez souvent dans les gîtes d’une certaine importance (essentiellement à caractère associatif) ou dans les accueils religieux, des hospitaliers qui vous prendront en charge. Ce sont, en général, d’anciens pèlerins qui souhaitent redonner aux autres ce que le Chemin leur a apporté; Ils viennent passer quelques jours ou quelques semaines, bénévolement, pour effectuer l’accueil, préparer les repas, aider au nettoyage, etc.. »

Et question accueil, apéro et repas, j’ai tiré le gros lot avec Gérard et Anita, la propriétaire du gite, une allemande de la Forêt Noire qui , il y a une dizaine d’années a parcouru le Camino, avec son fils, jusqu’à Saint Jacques et depuis « la magie du Chemin m’habite…et j’ai voulu donner un nouveau sens à ma vie. S’est alors imposé le projet d’ouvrir un gîte des pèlerins en France… » raconte-t-elle sur son site web http://www.gite-compostela.com/fr/montreal-du-gers.

Au cours du repas, je retrouve Claudie et je fais la connaissance d’une bande de joyeux lurons dont Dayan, une colombienne mariée à un chinois et qui vit à Shanghai: ça ne s’invente pas ! Dayan est partie du Puy en Velay, marche depuis plus de 20 jours et espère bien atteindre Saint Jacques avec son gros sac à dos: respect !

Demain cap sur Éauze ! Peut être de la pluie, car de la fenêtre de ma chambre d’hôte, je peux voir les Pyrénées. « …Et les Pyrénées chantent au vent d’Espagne… » chantaient les Compagnons de la chanson. Oh là !, je pense qu’il est temps d’aller me coucher.

J’éteins.